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La compensation de l'expatrié - Les packages home based

10 avril, 2012 13:52  Chroniques Chroniques

Revue de salaire avec calculatrice et euros - FotoliaLes contrats d'expatriation "home based" (ou "home balance sheet" ) sont à voir en opposition aux contrats appelés "host based" (ou contrats locaux). Pour de certaines entreprises (plus souvent les grandes que les PME), ils constituent la base pour décider de la rémunération future du candidat à l'expatriation.

En théorie (c'est ainsi que le présente les sociétés de conseils à l'expatriation et RH), le but est de conserver au salarié le même pouvoir d’achat et la même capacité d’épargne que dans son pays d'origine.

Dans un article du Nouvel Economiste, Jorge Prieto Martin (fondateur et dirigeant de la société de conseil RHExpat) confirme :

"On prend comme rémunération de référence le salaire brut que touchait l’employé en France. Puis, en tenant compte de sa situation familiale, l’entreprise va calculer les charges sociales et l’impôt sur le revenu qu’il paierait en France sur cette rémunération de référence, et les prélever sur le package pour obtenir un salaire net. En contrepartie, c’est l’entreprise qui paiera les charges et impôts réels qu’il y aura à l’étranger."

"En pratique, ajoute Marie-Hélène Millie (consultante indépendante pour Gereso - société de conseil Nankita) dans le même article, les entreprises travaillent souvent avec des fiscalistes extérieurs et recourent à des prestataires spécialisés pour obtenir ces données pays. Elles peuvent aussi s’appuyer techniquement sur leurs filiales si c’est possible. Mais d’autres questions se posent?: faut-il appliquer des indices coûts de vie négatifs ? Quand réactualiser le coût de la vie ? Dans quelle monnaie garantir le salaire et comment traiter les variations des taux de change ? Il y a des décisions à prendre, qui ont toutes leurs avantages et leurs inconvénients."

Une indemnité d’ajustement du coût de vie (calculée en fonction d'indices comme ceux de Mercer, mais aussi de l'estimation de la consommation de l'expatrié et de ses besoins) peut être appliquée sur une partie de ce salaire. A cela on ajoutera les frais de logement qui peuvent être pris en charge en totalité ou en partie par l'entreprise, les frais de scolarité des enfants si besoin, les frais liés à une protection sociale (Caisse des Français à l'Etranger + assurance santé internationale), transports (billets d'avions pour retourner plusieurs fois par an dans son pays d'origine) et bien sur le déménagement international.

Bref, Le Nouvel Economiste résume ainsi :

Système de rémunération standard des expatriés, le package home based (ou home balance sheet), assure au salarié le même pouvoir d’achat et la même capacité d’épargne que dans son pays d’origine. Au salaire net s’ajoutent, selon les politiques des entreprises, divers primes et avantages. Extrêmement complète et intéressante pour le salarié, cette méthode a un effet égalisateur et illustre, à travers le principe “No Loss, No Gain”, la volonté d’optimisation dirigeant depuis quelques années les politiques de rémunération des expatriés.

Comme le patron qui s’appuiera sur un audit pour justifier sa politique, en se basant sur des indices extérieurs, des modes de calculs approuvés, les entreprises souhaitent avant tout circonscrire les négociations, justifier les décisions et limiter les contestations. Le principe avancé de "No Gain, No Loss", soucieux d'assurer l’équité dans l’entreprise, est toutefois souvent battu en brèche par le système de primes mises en place à l'expatriation.

Sans être une entreprise privée, on peut voir ce que cela signifie dans l'administration française lorsque Rue89 s'intéresse au portefeuille d'un employé d'une ambassade. Son salaire de base est de 1800 € mais l'indemnité de résidence est de 4700 €, soit un total mensuel de 6500 €. Résultat, il épargne 3500 € (soit plus de 50% de son salaire) tous les mois.

Ce mode complexe et couteux des packages "home based" reste souvent réservé aux cadres supérieurs et aux employés avec ancienneté dans la société. Pour les plus jeunes, un contrat local agrémentés de diverses aides et primes fera souvent affaire (parfois appelé "host plus" ), avec la perspective d'une carrière accélérée et d'une expérience supplémentaire sur le CV.

 

   



         
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