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La France, terre d'accueil des riches travailleurs belges

29 janvier, 2013 09:35  Chroniques Chroniques

Manneken-Pis à Bruxelles - Photo WikimediaSi les Français partant s'installer en Belgique pour payer moins d’impôts pour la bière et le Manneken-Pis font les choux-gras de la presse hexagonale ces derniers mois (et de ce blog le mois dernier) il est assez facile de retourner la situation et de voir les hordes de Belges trouvant la vie plus aisée en France. Quesaco ? Comme nous en parlions en décembre, la "Belgique a une fiscalité très particulière : le pays taxe très lourdement le travail et protège les rentes (pas d'IGF, une taxation des plus-values et de l'héritage quasi négligeable)."

Avec une absence d’impôt sur la fortune, pas de taxation des plus-values (sauf les actions, taxées à 0,4%) et les possibilités légales de contourner des droits de successions élevés, la Belgique est le royaume des "gros poissons comme Depardieu, mais pas pour les petits" comme le déclare une conseillere en DRH interrogée par Le Monde. Un blog du journal écrit ainsi :

"Depuis qu’il habite Paris, il n’a jamais payé si peu d’impôts. "Pour quelqu’un comme moi qui vit de son travail, le système fiscal français est très généreux, voire trop. Entre le quotient familial, les niches, les déductions accordées par-ci, par-là, je mène grand train" s’enthousiasme-t-il. Si certains Français s’expatrient en Belgique pour échapper à l’ISF, il semblerait que de nombreux Belges s’installent également en France pour profiter pleinement de leur salaire.

Selon Pierre-François Coppens, conseiller fiscal de l’Institut des Experts - comptables à Bruxelles, la Belgique infligerait à ses citoyens la plus lourde imposition salariale au monde après la Suède. "Ici, mon revenu est imposé à 12%. Si je résidais encore à Bruxelles, ce taux graviterait autour de 40%. En 2004, j’ai quitté le Royaume, précisément pour ces raisons là. J’assume complètement mon statut d’expatrié fiscal" témoigne Stéphane Mortier."

Bien sur il faut tenir compte aussi en France de la fiscalité indirecte, des charges sur les entreprises (~50%), toutes ces raisons répertoriées par une étude menée par Forbes en 2009, selon laquelle la France concentre la plus grande pression fiscale générale au monde.

Mais pour les individus le bilan de l'imposition directe de leur travail est bien plus nuancé. Et s'il est toujours difficile de comparer des fiscalités différentes, qui doivent tenir compte des éventuels niches, quotients familiaux, dégrèvements, aides ...etc, on peut toutefois définir les taux suivant (j'ai intégré le Royaume Uni pour mémoire car beaucoup pensent aussi, à tort, que la fiscalité y est douce):

Impot sur le revenu en Belgique (*)
Barème fiscal 2011

Revenu imposable
Taux d'imposition
R < 7 900 €
25%
7 900 € < R < 11 240 €
30 %
11 240 € < R < 18 730 €
40 %
18 730 € < R < 34 330 €
45 %
R > 34 330 €
50 %

(*) Chiffres d'Hipparque Patrimoine

Impot sur le revenu en France
Barème fiscal IR 2011

Revenu imposable
Taux d'imposition
R < 5 963 €
0%
5 963 € < R < 11 896 €
5.5 %
11 896 € < R < 26 420 €
14 %
26 420 € < R < 78 830 €
30 %
R > 78 830 €
41 %

Impot sur le revenu au Royaume Uni
Barème fiscal 2011-12 (£/€ = 1.2)

Revenu imposable
Taux d'imposition
R < 8 970 €
0%
8 970 € < R < 50 970€
20 %
50 970 € < R < 188 970 €
40 %
R > 188 970 €
50 %

Pas de quotien familiale pour l'imposition britannique.

Selon Eurostat, 717 Français ont acquis la nationalité belge et 420 belges la nationalité française en 2010. Bref, pour reprendre la conclusion de notre article précédent, la situatiob est anecdotite. Comme l'écrit l'article du Monde, "les Belges sont proportionnellement plus nombreux à vivre en France et à avoir acquis la nationalité française ces dernières années que l’inverse puisque la Belgique concentre une population six fois inférieure à celle de l’Hexagone".

   



         
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