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La fin d'Erasmus, info ou intox ?

18 février, 2013 08:26  Chroniques Chroniques

Logo ErasmusA l'automne 2012, la sonnette d'alarme a retenti un peu partout sur l'avenir d'un des plus grands symboles de la construction européenne : le programme d’échange d'étudiants européens Erasmus. Crise oblige, les dépenses devaient être réduites de 4 milliards d'euros, alors même que le nombre d'étudiants participant à Erasmus croit toujours.

Et c'est peu dire que les nouvelles de possibles difficultés de cette réussite européenne se sont propagées comme une trainée de poudre : "L'Auberge Espagnole, c'est peut-être bientôt fini" (Express), "Erasmus passe son année, mais après ?" (Libération), "Erasmus victime de la crise" (Metro), "Erasmus menacé de faillite" (Le Figaro).

Etudiante devant son ordinateur - FotoliaCe système qui vient de fêter ses 25 ans, immortalisé par le film l'Auberge espagnole de Cédric Klapisch, permet à des jeunes de partir entre trois et douze mois à l'étranger lors de leur cursus. Près de 3 millions d'étudiants en ont bénéficié, et le nombre d'étudiants intéressés augmente de 5 à 6% chaque année. La France a ainsi envoyé 30 000 étudiants à l'étranger (principalement en Allemagne, Espagne et Royaume-Uni) et en a reçu 28 000 en 2010. Chaque étudiant reçoit une bourse de 110 à 180 euros selon la destination et la provenance (en 2010-2011, le montant moyen de la bourse mensuelle accordée par l’UE au titre de la mobilité était compris entre 133 € pour les étudiants espagnols et 653 € pour les étudiants chypriotes). Tous pays confondus, le montant moyen s’élevait à 250 €. Erasmus fait partie du programme de l’UE pour l’éducation et la formation tout au long de la vie (programme EFTLV), dont il représente plus de 40 % du budget. Le programme EFTLV comprend trois autres sous-programmes: Leonardo da Vinci (pour l’enseignement et la formation professionnels, au moins 25 % du budget), Comenius (pour l’enseignement scolaire, au moins 13 % du budget) et Grundtvig (pour l’éducation des adultes, au moins 4 % du budget).

Pour la période budgétaire actuelle (2007-2013), l’UE a alloué 3,1 milliards € au programme Erasmus. En 2012, le budget du programme est de 480 millions d’EUR et il est estimé à 490 millions d’EUR pour 2013 (voir le tableau ci-dessous). Cela représente environ 0,35 % du budget de l’UE. La Commission européenne a demandé cet automne une rallonge substantielle de 8,9 milliards d'euros pour continuer à financer différents programmes, dont celui-ci. Dans un communiqué publié le 27 novembre 2012, la Commission européenne livrait sa vision de l’avenir : si elle restait optimiste pour la fin 2012 (70 % des financements du programme pour l’année universitaire 2012-2013 ont déjà été versé aux Etats participants), elle l’était beaucoup moins pour l’année à venir alors qu’environ 270 000 étudiants devaient bénéficier du programme au cours de l’année universitaire 2012-2013.

A moyen terme, Erasmus est sauvé

Elle a donc été écouté puisqu'on a appris en décembre dernier que Parlement avait donné son feu vert au projet de budget et promis une rallonge financière pour le programme de mobilité étudiante. Mais si une solution a été trouvée à moyen terme, au final seul le financement 2013-2014 a été approuvé. Or la Commission européenne a aussi proposé de fusionner l’ensemble des programmes éducatifs pour la période 2014-2020 au sein du projet "Erasmus pour Tous" qui a pour ambition de faire passer les dépenses de mobilité pour les jeunes de 0,7 % à 1,6 % du budget de l'Union Européenne.

Si la pénurie de fonds persiste, les universités et les établissements d’enseignement supérieur risquent de diminuer le nombre de places disponibles pour les années futures, ou baisser le montant des bourses, ce qui signifie que les étudiants issus de milieux défavorisés ne pourront pas participer au programme.

Quelques chiffres

  • Plus grand nombre d'étudiants partis : En 2010-2011, c’est d’Espagne que provenait le plus grand nombre d’étudiants partis effectuer à l’étranger une période aussi bien d’études que de stage (36 183), ce pays étant suivi par la France (31 747) et l’Allemagne (30 274).
  • Pays d'accueil : Pour avoir été choisie par 37 432 étudiants Erasmus, l’Espagne a également été le pays d’accueil le plus prisé, devant la France (27 722) et le Royaume Uni (24 733). Le RoyaumeUni a accueilli deux fois plus d’étudiants (24 474) qu’il n’en a envoyé à l’étranger (12 833). Pour la plupart, les pays ont envoyé à l’étranger plus d’étudiants qu’ils n’en ont accueilli. Le meilleur équilibre entre les étudiants accueillis et ceux partant dans un autre pays a été enregistré en Slovénie, suivie de l’Espagne et des Pays Bas.
  • Établissements participants : 3 040 établissements d’enseignement supérieur ont vu en leur sein des étudiants participer à un échange au titre de la mobilité, ce qui représente une augmentation de 6,6 % par rapport à l’année précédente.
  • Bénéficiaires : On peut estimer qu’approximativement 4,5 % de l’ensemble des étudiants européens ont bénéficié d’une bourse Erasmus à un moment donné de leurs études supérieures.Sur ce total, 67 % préparaient une licence, 28 % un master, 1 % un doctorat et 4 % suivaient un cycle d’études court.
  • Secteur : Le gros des étudiants ayant effectué un stage Erasmus faisait des études en sciences sociales, de commerce ou de droit (26,6 %); puis venaient les étudiants en sciences humaines et en arts (17,1 %), qui représentaient la plus forte population de stagiaires au cours de l’année universitaire précédente, et ensuite les jeunes faisant des études agricoles ou vétérinaires (15,4 %), dont le nombre était huit fois supérieur à celui de l’année antérieure.

[source: Commission Européenne]

   



         
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