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Les jeunes et l'expatriation

08 octobre, 2013 08:03  Chroniques Chroniques

Si l'expatriation touche toutes les classes d'age (de l'enfant TCK, au retraités, en passant par les conjoints qui suivent), il y en a une tout particulièrement qui fait l'objet de très nombreuses analyses et articles : les jeunes qui s'expatrient.

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Pourquoi s'expatrier quand on est jeune s'interroge le site "Tour du Monde des Infos" ? Le journal "Le Monde" se demande pourquoi des jeunes choisissent de s'expatrier, avant peut être d'y répondre dans un autre article: les jeunes, victimes surexposées de la hausse du chômage. Et le journal consacrait même un dossier spécial pour savoir si les jeunes doivent quitter la France pour réussir.

Ici même nous avons déjà montré que de plus en plus de jeunes choisissent de s'expatrier et que le nombre de jeunes diplômés partant à l’étranger augmente.

C'est le moment ou jamais de se lancer

Pour les jeunes, il existe de nombreux programmes qui permettent de réaliser une expérience à l'étranger: Erasmus, Rotary International, échanges universitaires, programmes vacances travail, jobs d'été ou année de césure pour pouvoir travailler dans un autre pays et voyager.

Avant les obligations de la vie active, métro-boulot-dodo, familles, enfants et scolarités qui rendent obligatoirement moins mobiles, c'est le moment ou jamais de se lancer. Que ce soit pour les études, un travail ou l'aventure, ce sera l'occasion de découvrir une nouvelle culture, de prendre un peu de recul par rapport à ses attaches/son pays d'origine, de faire de nouvelles rencontres, d'améliorer sa connaissance en langue(s) étrangère(s).

Avec 1,6 millions de Français inscrits sur les registres consulaires (on estime en réalité à 2,5 millions le nombre de Français de l’étranger) la plupart l'ont fait par choix. L'expatriation, plutôt que la nécessité de l'émigration, avec toujours l'idée que probablement, demain, dans 1 an, 10 ans ou plus tard, ils reviendront.

Un décision d'expatriation choisie ou subie en fonction des générations

Le cabinet de recrutement Deloitte a publié une étude en février 2013 montrant que 27% des jeunes visent une carrière a l'étranger contre 13% en 2012 (+14 points). Les Francais qui s'expatrient actuellement sont jeunes (moins de 40 ans) et diplomés (de plus en plus de bac + 5). Avec la crise, il est facile de conclure a un exode créé par le climat économique morose ; c'est toutefois un chemin sur lequel il est plus qu'hasardeux de s'aventurer car Le Monde explique ainsi que de nombreux expatriés seraient de toute façon partis, quoi qu'il arrive. La mondialisation est elle aussi passée par là : il est plus facile de partir aujourd'hui tout en gardant contact avec ses proches (merci Skype, les emails et Internet). Comme l'écrit Olivier Galland (sociologue, spécialiste de la jeunesse) :

"Sur ce marché des jeunes cadres de haut niveau, "l'exil" fait référence à un modèle de marché du travail clos sur les frontières nationales qui n'a plus grand sens."

Ici comme ailleurs, les effets de la crise ont peut être joué le role d'accélérateurs de décision, mais l'envie d'aventure, de changer d'air et de vivre une expérience à l'étranger étaient la plupart du temps déjà présents.

Toutefois le quotidien français voit aussi une différence entre les "générations". Alors que les 30-40 ans y voient un accélérateur de carrière et une opportunité à tenter, les 20-30 ans mettent plus clairement en avant les raisons économiques et l'absence de débouchés sur la France. Ils ont peut être moins à perdre, et leur départ leur semble parfois une évidence.

Il faut dire que la France est classée au 17e rang sur 27 en matière d'emploi des jeunes, avec un chômage de 26,5 % en mars 2013, selon Eurostat. En outre, sur cette population, elle affiche le troisième taux de croissance annuel du chômage (14,7 %), derrière Chypre (27,7 %) et la Slovénie (43,5 %). Pour sembler moins alarmiste, Le Monde écrit :

"Le fossé entre les jeunes et le reste de la population reste toutefois dans la moyenne : avec un écart de 16 points entre les taux de chômage des moins de 25 ans et de la population globale, la France reste loin derrière la Grèce, où l'écart s'élève à 32 points."

Il est vrai que la situation est très préoccupante (pour ne pas dire catastrophique) pour une Europe du Sud sinistrée par un chômage des jeunes galopant ( les Espagnols de moins de 24 ans diplômés du supérieur connaissaient en 2012 un taux de chômage de 40 %). Par contraste, l'Europe du Nord est "relativement" épargnée par le chômage des moins de 25 ans (l'Allemagne, l'Autriche et les Pays-Bas restent les meilleurs élèves de l'Europe, tant du point de vue de leur taux de chômage que de l'absence de décrochage des jeunes).

Avec l'expansion de Dubai, du Qatar, dont pas un jour ne se passe sans que les médias ne traitent un sujet lié à cette région, toute une jeunesse (souvent avec des attaches ou d'origine arabisante) souhaite y tenter sa chance. Toutefois, Le Monde précise que "la chambre de commerce française de Dubaï et des émirats du Nord met de plus en plus en garde contre les risques de désillusion les nombreux jeunes qui la sollicitent".

Les jeunes sans qualification n'ont pas les moyens financiers de partir a l'étranger

Olivier Galland rappelle surtout que :

"Les vrais perdants dans la course à l'emploi sont cependant les jeunes qui terminent leurs études sans aucun diplôme, et leur désavantage relatif s'est encore accentué avec la crise. Leurs conditions d'entrée sur le marché du travail se sont en effet considérablement dégradées : trois ans après la fin de leurs études, plus d'un tiers des sortants 2004 étaient encore au chômage, contre un petit quart pour les sortants 1998. Et, sept ans après, ils sont encore 26 % à rechercher un emploi.

En Europe, la France se distingue par une double particularité : elle pénalise particulièrement les jeunes qui échouent à l'école, tout en réservant un traitement plutôt plus favorable que la moyenne à ceux qui poursuivent des études supérieures."

Et il ajoute :

"Bien évidemment, cette idée d'une émigration de la jeunesse en difficulté est une fiction. Ces jeunes n'ont pas les moyens financiers et culturels de réaliser un tel projet."

   



         
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