Les conséquences de...   Le pays le plus cher du monde...

Interview: une multi-expatriée partage son expérience et parle de ses activités d'écriture

13 février, 2015 11:04  Chroniques Chroniques

Véronique Martin PlacePourquoi vivez-vous à l’étranger ?
Je vis à l’étranger parce que j’ai suivi mon conjoint dans sa carrière à l’international. Je suis ce que l’on appelle une multi-expatriée ou pour le dire avec humour une expat récidiviste ! Je vis actuellement en Chine mais j’ai aussi vécu en Norvège, au Sri Lanka et aux Etats-Unis, soit en tout 13 ans de vie à l’étranger. Pour compléter ma panoplie d’expat, j’ai aussi expérimenté une impatriation de trois ans en France entre deux séjours longs à l’étranger.

Et vous, est-ce que vous travaillez ?
Justement, c’est toute la difficulté des conjoints accompagnateurs qui vivent l’expatriation de manière récurrente, c’est-à-dire qui déménagent à l’international tous les 3, 4 ou 5 ans, voire dans certains cas de manière encore plus fréquente. Dans mon cas, c’est tous les trois ans en moyenne. S’ajoute à cela les problèmes d’autorisation de travail à obtenir en fonction du pays. Pour résumer, ce n’est pas toujours simple de trouver du travail quand on a ce mode de vie. J’ai donc résolu ce problème en me consacrant entièrement à ma passion : l’écriture.

Êtes-vous un écrivain à plein temps ?
Oui,Finding Your Feet In Chicago - Véronique Martin Place mais je suis passée par plusieurs étapes avant de devenir écrivain à plein temps.
En 2009, alors que je vivais à Chicago aux Etats-Unis, j’ai créé une activité de rédactrice indépendante en proposant mes services à des magazines papier et en ligne, à de petites maisons d’édition et à des agences de presse locale. C’est ainsi que je me suis constituée un portfolio d’articles. La même année, j’ai créé mon site internet Writer Forever et en 2010 un blog dédié à l’expatriation. En juillet 2012, je publiais mon premier ouvrage Finding Your Feet In Chicago aux éditions Summertime. Ce livre est la résultante de mon séjour réussi à Chicago, du succès de mon blog et de ma passion pour l’écriture.

Lors de mon séjour en Chine (depuis 2012), j’ai souhaité donner un nouveau tournant à mon activité d’écrivain en me consacrant pleinement à la rédaction de mes ouvrages et au développement de mes services d’accompagnement à l’écriture.

Comment avez-vous été amenée à proposer de tels services et de quoi s’agit-il ?
Alors que j’étais en pleine préparation de mon départ pour la Chine, plusieurs personnes m’ont contacté pour obtenir des conseils sur l’écriture d’un livre. L’idée à germé. J’ai formalisé deux programmes d’accompagnement à l’écriture et un an après mon installation, je me suis lancée.

J’aime transmettre ce que je sais bien faire et surtout ce qui me passionne.

Je propose deux types d’accompagnement à l’écriture. Le premier permet d’écrire la première version de son livre sur une durée de trois mois. Le deuxième a pour objectif de bien écrire pour son blog et dure un mois et demi.

Dans les deux cas, l’accompagnement est personnalisé en fonction des objectifs de la personne et se fait par e-mail et lors de séances Skype.

Mon objectif est simple : je souhaite aider des personnes qui comme moi veulent faire de l’écriture un point d’ancrage dans leur vie quotidienne, notamment lors d'une expatriation.

Sur quels projets travaillez-vous actuellement ?
J’ai plusieurs casseroles sur le feu. J’écris un roman et je réalise un travail de recherche pour un  futur guide pratique. Cela me permet d’alterner les plaisirs du travail d’écriture et d’introduire de la diversité dans mon quotidien. Je blogue aussi sur l’écriture sur le blog de Writer Forever.

Quelle est votre perception du marché des livres pour expatriés ?
C’est une niche surtout pour les livres en français, bien que l’on en trouve de plus en plus. Les livres français traitant de l’expatriation sont en général des ouvrages que l’on peut classer dans la littérature non-fictionnelle. On y trouve principalement des guides pratiques, des recueils d’interviews ou de témoignages, parfois des travaux de recherches mais aussi des mémoires ou des autobiographies d’expatriés qui sont à la frontière entre le fictionnel et le non-fictionnel (creative non fiction en anglais). J’observe la même tendance sur le marché anglophone des livres traitant de l’expatriation mais avec une plus grande richesse quantitative.

Peu de maisons d’éditions françaises publient ce genre d’ouvrages et les auteurs se tournent donc très souvent vers l’auto-édition. Il y a donc de tout, du très bon et du moins bon. La difficulté pour les auteurs souhaitant publier sur cette thématique est qu’il n’y a pas véritablement d’étagères dédiées à cette littérature dans les librairies ni de catégories sur les sites internet de vente de livres. En tant qu’auteur, on se retrouve souvent au milieu des guides touristiques. Difficile donc dans ces conditions de trouver son public et tout le travail de promotion repose entièrement sur l’auteur.

Quels conseils donneriez-vous aux expatriés qui souhaitent écrire un livre ?
Mon conseil est d’être au clair avec ses objectifs et de se demander objectivement pourquoi ils veulent écrire un livre, quelles sont leurs motivations profondes. Il faut qu’il y ait du plaisir, de la passion, de l’envie de raconter une histoire ou de partager une expérience unique. C’est un très beau projet personnel qui peut déboucher sur d’autres opportunités. S’ils veulent écrire un livre pour faire de l’argent, il faut d’abord faire une étude de marché et mettre en place une logique entrepreneuriale. Mais il ne faut pas s’attendre à faire fortune juste en publiant un livre !

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