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Les Suisses sur la première marche au classement du bonheur

30 avril, 2015 08:23  Chroniques Chroniques

FamilleSans trop de surprise pour ceux habitués à ces classements, la plupart des pays dans lesquels la population de déclare la plus heureuse en 2015 sont situés dans le nord de l'Europe. Bien que la Suisse soit numéro un, ce pays est suivi de près par l'Islande, le Danemark, la Norvège, la Finlande, les Pays-Bas et la Suède. Seul le Canada (5e), la Nouvelle-Zélande (9) et l'Australie (10) parviennent à entrer dans ce cercle des 10 pays les plus heureux, selon le World Happiness Report 2015.

  1. Suisse
  2. Islande
  3. Danemark
  4. Norvège
  5. Canada
  6. Finlande
  7. Pays-Bas
  8. Suède
  9. Nouvelle Zélande
  10. Australie

Au total, 158 pays sont cités dans l'étude. Les États-Unis sont 15e, la Belgique est 19e, le Royaume-Uni est 21e, l'Allemagne est 26e et la France est 29e. On peut également citer l'Espagne (36), le Japon (46), l'Italie (50) et la Grèce (102), le plus grand perdant au rang du bonheur dans le rapport 2015.

De l'autre côté du spectre, on trouve principalement des pays africains (à l'exception de l'Afghanistan) au bas de la liste.

  1. Guinée
  2. Côte-d'Ivoire
  3. Burkina Faso
  4. Afghanistan
  5. Rwanda
  6. Bénin
  7. Syrie
  8. Burundi
  9. Togo

La crise économique a déclenché des changements importants

En comparant les classements des pays dans le World Happiness Report 2015 à ceux dans le rapport 2013, il y a une combinaison de stabilités et de changements. Neuf des dix premiers pays en 2015 étaient également dans le top 10 de l'année 2013. Mais le classement a changé, avec la Suisse maintenant au sommet, suivi de près par l'Islande, le Danemark et la Norvège (toutefois il faut noter que les différences entre eux ne sont pas statistiquement significatives).

L'analyse des changements dans les facteurs d'évaluation de la qualité de vie pour la période 2005-2007 à 2012-2014 montre de grandes différences internationales dans la façon dont la récession mondiale a touché la perception du bonheur de la population : la crise économique a déclenché une chute de bonheur plus grande que ce qui peut s'expliquer par la baisse des revenus et une hausse du chômage. Les trois premiers gagnants étaient Nicaragua, du Zimbabwe et de l'Equateur. La plus forte baisse observée dans les évaluations de qualité de vie moyenne est en Grèce, suivie par l'Egypte et l'Italie.

Concernant la Grèce, le rapport indique:

"Il y a une interaction entre capital social et crises. Si le tissu social est suffisamment fort, alors la crise peut même conduire à un bien-être subjectif plus élevé, en partie en donnant aux gens une chance de travailler ensemble à la réalisation d'une amélioration, et de réaliser et apprécier la force de leur soutien social mutuel ; et en partie parce que la crise sera mieux gérée et le capital social sous-jacent est améliorée dans son utilisation. D'un autre côté, si les institutions sociales devait s'avérer inefficaces face aux défis posés par la crise, elles peuvent se déliter encore plus sous la pression qui en résulte, ce qui rend les pertes de bonheur encore plus grandes, puisque la confiance sociale et institutionnelle sont eux-mêmes des supports importants pour le bien-être subjectif. L'exemple de la Grèce a été utilisé comme preuve de cette dernière possibilité, avec les données de l'Enquête sociale européenne utilisées pour documenter l'érosion de confiance des Grecs. "

Les auteurs soulignent l'importance du facteur social.

"Le bien-être dépend fortement du comportement en faveur des facteurs sociaux des membres de la société. La pro-sociabilité implique que les individus prennent des décisions pour le bien commun qui peuvent entrer en conflit avec certaines incitations égoïstes. [...] Un grand capital social [au sens général de la confiance, la bonne gouvernance, et le soutien mutuel des individus dans la société] augmente directement et indirectement le bien-être, par la promotion de systèmes de soutien social, la générosité et le bénévolat, l'honnêteté dans l'administration publique, et réduit les coûts d'entreprise. La question politique est donc de savoir comment les sociétés à faible capital social, déchirées par la méfiance et la malhonnêteté, peuvent investir dans le capital social".

La mesure de bonheur comme un indicateur plus en plus précieux

Ceci est la troisième édition du rapport sur le bonheur mondiale (2012, 2013 et maintenant 2015). Le rapport combine l'analyse de niveaux et tendances de données de bonheur, incluant des évaluations de la qualité de vie, des enquêtes publiques / privées (le Behavioral Risk Factor Surveillance System des instituts de santé Gallup/Healthways Daily Poll) et des enquêtes non officielles.

Les principaux classements utilisent des données qui viennent du Gallup World Poll et sur la base des réponses à la question principale pour l'évaluation de la qualité vie : on demande aux répondants de penser à une échelle, avec la meilleure vie possible pour eux étant 10, et le pire vie possible étant un 0. Ils sont ensuite invités à évaluer leur propre qualité de vie actuelle sur cette échelle de 0 à 10. Bien qu'ils n'aient aucun impact sur le score total, six facteurs sont utilisés pour expliquer le classement :  l'espérance de vie en bonne santé, le PIB par habitant, la confiance (mesurée par la perception d'une absence de corruption politique ou dans les affaires), le soutien social, la perception de liberté dans ses choix de vie, et la générosité.

Les Etats membres de l'ONU cherchent à adopter un indicateur objectifs de développement durable (Sustainable Development Goals - SDGs) en Septembre 2015 pour aider à guider la communauté mondiale vers un modèle plus inclusif et durable du développement mondial. Le développement durable est un concept normatif, appelant toutes les sociétés à concilier les objectifs économiques avec les objectifs sociaux et environnementaux. Un nombre croissant de gouvernements nationaux et locaux utilisent déjà des données et des concepts de bonheur et de bien-être pour progresser vers la voie de développement durable.

Le Sustainable Development Solutions Network, dans ses recommandations sur le choix des indicateurs SDG, a fortement recommandé l'inclusion d'indicateurs de bien-être subjectif et d'humeur positive afin d'être guidé dans la mesure du progrès vers un objectif de dévelopement durable.

Ce rapport est publié par le SDSN (Sustainable Development Solutions Network – "Réseau pour des solutions de développement durable"), a rédigé par John Helliwell de l'université canadienne UBC (University of British Columbia), Richard Layard, de la London School of Economics, et Jeffrey Sachs.

   



         
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